samedi 2 février 2008

2 février 1997

On se lève un beau dimanche matin. On entame la préparation d'un gros pot de café pour les colocs, quand un nuage de fumée jaunâtre envahit la cuisine. En moins de trois minutes, sans trop savoir comment, on se retrouve en jaquette sur le trottoir enneigé de la rue Mont-Royal, deux albums de photos sous un bras et un chat dans l'autre.

Cinq heures plus tard, une quinzaine de camions rouges et une centaine d'hommes en jaune retournent d'où ils viennent et on peut enfin rentrer chez soi. Enfin, de ce qu'il en reste.



(Le premier qui fait un lien avec mes talents culinaires, j'lui envoie un morceau de mon dernier gâteau aux carottes...)

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vendredi 11 janvier 2008

Comment perdre un million sans se fatiguer

Je ne sais pas si c'est parce que la nuit fut particulièrement tranquille ou parce que je savais que c'était mon avant-dernière avant le grand retour au travail de jour (après plus de cinq ans de vie nocturne, je tiens à préciser), mais de drôles d'idées me sont passées par la tête cette nuit. Peut-être aussi parce que c'était la fête de mon petit frère et que, comme toujours, ça me fait penser au temps qui passe, au chemin parcouru pendant ces neuf années qui me séparent de lui.

Toujours est-il que j'ai repensé à une parole d'un de mes profs de cégep. Il nous avait dit, comme ça, que nous devions nous hâter de choisir une carrière et de s'y lancer tête première, qu'en étudiant «pour le fun» ou en prenant une année pour voyager avant d'aller à l'université, nous ne perdions pas seulement notre temps, mais beaucoup d'argent. Il disait que les années de salaire perdu ne devaient pas se calculer selon nos revenus d'étudiants, disons 10000$, mais bien selon nos revenus à l'aube de la retraite, soit près de dix fois plus. À l'entendre, notre vie entière dépendait des décisions que nous devions prendre à dix-huit ans. Une année de jeunesse mal gérée, une seule, pouvait nous priver d'une jolie maison à la campagne où passer nos vieux jours.

Bien entendu, je n'ai pas suivi les bons conseils de ce professeur: à vingt-cinq ans, j'étais encore assise sur les bancs d'université, à décortiquer les textes de Nietzsche et à tenter de traduire Platon, faute de savoir quoi faire pour gagner ma vie. Puis sont venues les années à l'étranger, où à peu près tout ce que je possédais pouvait tenir dans un sac à dos. C'est cassée comme un clou rouillé que j'ai accepté un job de vérificatrice dès mon retour, un job «en attendant». En attendant quoi? Je ne l'ai jamais su. Cinq ans et trois employeurs plus tard, je troque les tête-à-tête nocturnes avec ma calculatrice pour la gestion d'une centaine d'employés. Ce n'est pas la mer à boire, mais disons que ça fera l'affaire «en attendant».

Ouais, la petite philosophe en herbe qui rêvait d'une petite vie de bohême commence à rentrer sérieusement dans les rangs. Selon le calcul du professeur de cégep, je dois bien avoir perdu un million pour avoir vécu ma jeunesse.

Pourtant, plus j'y pense, plus je me dis que ce n'est vraiment pas cher payé.

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jeudi 25 octobre 2007

Brigades d'hier

La première fois qu'on m'a demandé ce que je voulais faire plus tard, j'ai répondu, du haut de mes cinq ans, que je serais brigadière. Pas d'ambitions, vous pensez? Eh bien détrompez-vous! La dame au dossard orangé qui me faisait traverser le petit boulevard sur le chemin de la maternelle était la personne qui me semblait la plus heureuse du monde. Toujours souriante, beau temps mauvais temps, elle avait de belles grosses joues toutes rouges et des petits yeux rieurs. Voilà des décennies que j'ai oublié son nom, mais je me rappelle qu'elle nous demandait tous les matins si nous avions bien dormi et au retour le soir, elle insistait pour qu'on lui montre les bricolages qu'on avait fait durant la journée. C'est avec une grande fierté que je lui montrais le dessin au crayon feutre d'un oiseau qui ressemblait à un hélicoptère écrasé ou un auto-portrait en bonhomme allumette. Et c'est avec un sourire tout a fait crédible qu'elle me disait que j'étais une très grande artiste. Moi je la croyais, comme je croyais qu'elle avait le plus beau métier du monde.

Cette histoire m'est revenue en tête en croisant les brigadières du boulevard St-Joseph ce matin. Si je suis toujours aussi nulle en dessin, les traverseuses fluorescentes semblent, quant à elles, avoir perdu leurs jolis sourires. Peut-être que ce sont les enfants qui ont changés. Ou le monde en général. Je me suis demandé si elles portaient une arme dans certains quartiers de la ville. En tous les cas, même si je n'ai toujours pas de plan de carrière bien défini, je me félicite de m'être détournée de ma première «vocation».

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dimanche 27 mai 2007

Moi, mes souliers...

C'est étrange, je suis passée devant tous les jours ces trois dernières années, mais c'est ce matin seulement que j'ai réalisé le charme de cette minuscule cordonnerie de la rue Laurier. Dans la vitrine, de grands cartons colorés nous annoncent maintenant la fermeture de la boutique: "Après 30 ans à la même adresse, nous fermons pour toujours". Un artisan de plus s'offre une retraite bien méritée. D'ici quelques années, on l'aura oublié. Quand la sobre devanture aura été remplacée par des néons roses pour vendre des sushis immangeables, ou par des publicités de loterie pour vendre de la bière, seuls quelques nostalgiques diront à leurs enfants: "À l'époque, il y avait ici l'échoppe du cordonnier Untel, un brave type." Et les enfants trouveront bien étrange que des gens aient jadis préféré faire réparer leurs vieilles chaussures plutôt que d'en acheter des nouvelles.

Depuis des années, chaque fois que ma mère vient me visiter, elle ne peut s'empêcher de me narrer le Plateau de son enfance. Dès que j'emménage dans un nouvel appartement du quartier, elle me raconte qu'elle a habité en face ou à côté, qu'ici c'était la maison du Docteur, que là il y avait un petit cinéma à 50 sous, que l'oncle Albert est mort ici, au deuxième étage, que le resto Chez Madame Bolduc était autrefois l'Épicerie Bolduc, qu'elle a commencé son primaire avec les bonnes soeurs dans cette vieille bâtisse reconvertie en condominiums de luxe. Elle connaît toutes les rues par coeur et s'y retrouve les yeux fermés, mais elle se perd dès qu'elle les ouvres tellement tout a changé.

C'est peut-être un peu à cause de tous ces récits que je me sens si triste dès qu'un voisin met la clé dans la porte de son petit commerce. Et parce que je vois que, sur les débris encore tièdes, les noms des grandes chaînes américaines poussent comme des champignons. Je réalise que bientôt ce sera moi qui parlerai dans le vide en me remémorant le bon vieux Plateau où un brave type réparait des chaussures.

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lundi 29 janvier 2007

Salut Jean-Pierre!

Le café étudiant du collège Rosemont était bondé, comme à tous les midis du semestre d'automne 1992. À un bout de la table, les garçons piochaient sur un travail de philo déjà en retard, et à l'autre bout, les filles mangeaient leur sandwich en se demandant avec quel homme elles voudraient bien passer une soirée intime si on leur en donnait l'occasion:

- Moi, ce serait Tom Cruise!
- Bono! Il est tellement sexy...
- Keanu Reeves, c'est le plus beau!
- Et toi Galad?
- Comment?
- Tu la passerais avec qui ta soirée?
- Avec Jean-Pierre Ferland.

Les filles se sont tues et les garçons se sont tournés vers moi, puis tous ont éclaté de rire. J'eus droit à une série de qualificatifs peu flatteurs allant de «quétaine» à «gérontophile», mais je restai ferme:

- Oui, Jean-Pierre Ferland. Il est à la fois sexy, charmant et intelligent. Je me contenterais d'un petit souper au resto avec une bonne bouteille de rouge. Je l'écouterais me chanter la pomme ou encore me raconter ses histoires en me regardant dans les yeux, comme lui seul sait le faire. Sérieusement, aucune de vos vedettes hollywoodiennes ne lui arrivent à la cheville.

Les filles ont quitté la table en rigolant, les garçons sont retournés à Aristote et moi, je me suis replongée dans mon livre en fredonnant:

«Ça c'est pas du boudin, ça pousse pas comme des carottes
Ça prend une tête de linotte et un moral illimité
Pour trouver de la poésie dans un monde éconologique
Éduqué, paresseux, alcoolique et délicieux...»

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lundi 26 juin 2006

Alain

Comme à tous les jours, la cloche retentit à 11:15h. Je me faufilai au travers du brouhaha de la classe jusqu'au corridor pour y enfiler mon manteau trois-quart, mes petites bottes, mes jambières de laine et mes mitaines assorties, pour ensuite descendre l'escalier qui menait vers la porte principale. À l'extérieur, des petits groupes d'enfants se formaient et s'éloignaient bruyamment. Dans un coin de la cour, je reconnu la petite Nancy avec laquelle je marchais habituellement le kilomètre qui séparait l'école de la rue où nous habitions. Deux autres enfants se trouvaient avec elle: Mélanie, maladivement jalouse de moi, et Alain, un garçon de ma classe trop discret pour que je n'aie jamais pu échanger une parole avec lui.

Sur le chemin de la maison se trouvait un grand parc divisé en deux: la partie nord était aménagée pour le jeu (balançoires, terrain de baseball et piscine publique), tandis que la partie sud, jamais défrichée, était restée à l'état de forêt. Malgré l'interdiction de nos parents, nous coupions souvent au travers de l'aire de jeu en revenant de l'école, mais ce midi là, Mélanie insista pour que nous passions plutôt par le bout de forêt. De nature passablement peureuse, j'hésitai à m'engager dans le sentier mais calculai qu'il valait probablement mieux suivre le groupe que de devoir faire le grand détour toute seule.

Avec la neige de cette fin d'hiver, les sentiers étaient pratiquement invisibles. Nous marchions à la queue leu leu sur la neige qui craquait sous nos petites bottes quand je me sentis soudain perdre pied. Nous nous étions trop éloigné du sentier et la glace, bien cachée sous la neige, venait de céder sous mon poids. Avant que j'aie pu réaliser ce qui se passait, j'avais de l'eau jusqu'au menton. Quelques rapides mouvement des bras n'aidèrent pas à ma cause: impossible de m'agripper, la glace était maintenant trop fragile. Je regardai autour de moi et constatai que Mélanie (encore elle!) venait de prendre Nancy par le bras pour sortir de la forêt avant de se faire gronder. Ne restait plus que le petit Alain de sept ans, comme moi, qui me regardait de ses grand yeux terrifiés. Comme je ne touchais pas le fond, je devais bouger les jambes pour me garder la tête hors de l'eau glacée, mais je savais que je ne pourrais pas tenir longtemps: mes vêtement d'hiver remplis d'eau m'attiraient vers le bas et le froid qui gagnait mes muscles rendait tout mouvement de plus en plus difficile. Impossible de crier. J'entendis ma propre voix murmurer à Alain: «Ne pars pas, s'il-te-plaît....» Déjà, il regardait autour de lui, cherchant en vain un moyen de me sortir de là. Il tenta un timide pas dans ma direction mais se ravisa en entendant un lourd craquement. Sans dire un mot, il recula d'un mètre ou deux, s'allongea sur le ventre et se mit à ramper lentement dans ma direction. Alors que son petit corps s'avançait vers moi, je lisais dans ses yeux une peur indescriptible. Si la glace cédait, c'en était fini pour moi et pour lui, il le savait. Finalement, sa main toucha la mienne et, sans que je ne me souvienne comment, il réussi à me tirer hors de l'eau. Comme mes jambes ne pouvaient plus me supporter, il passa son épaule sous mon bras et m'aida à franchir les cinq cent mètres qui nous séparaient encore de la maison. Quand il ouvrit enfin la bouche, ce fut pour me souhaiter bon appétit en me laissant devant la porte.

Ce petit garçon que je ne connaissais pas venait probablement de me sauver la vie, au péril de la sienne, et je me demande si je l'ai jamais remercié.

Tout ce qu'il me reste aujourd'hui, outre ma gratitude, c'est cette photo de groupe. Alain est au centre de la dernière rangée. Je ne sais pas ce que je donnerais pour le revoir un jour...

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vendredi 3 février 2006

En attendant le printemps...


Oui, il s'agit bien de moi. C'était l'époque où ma mère faisait elle-même presque tous mes vêtements.
Joli, non?

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dimanche 22 mai 2005

Souvenirs séléniques

La Ford LTD roulait à vive allure sur l’autoroute, au rythme d’une vieille cassette 8-track de Johnny Cash. Le jour était à peine levé, c’était l’heure où le soleil se partage le ciel avec la lune. Nous partions toujours très tôt quand nous allions au Lac St-Jean pour les vacances. Je devais avoir cinq ou six ans. Confortablement étendue sur la banquette arrière, je regardais le ciel.

- Regarde Papa, la lune sera bientôt pleine!

- Désolé petite mais elle décroît, au contraire.

- Comment on fait pour savoir?

- Et bien vois-tu, la lune est menteuse : quand elle croît, elle prend la forme d’un D et elle prend la forme d’un C quand elle décroît. Du moment qu’on connaît son truc, on ne peut plus se tromper.

Papa avait toujours une réponse à mes questions. Il jeta un regard dans le rétroviseur afin de voir si son explication semblait m’avoir satisfaite et sourit.

Je me demande s’il a pu, à cet instant, s’imaginer que 25 ans plus tard je repenserais à son histoire chaque fois que je regarde la lune…

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mercredi 11 mai 2005

Généalogie

Cette histoire a commencée au printemps 1994, le jour où Rick a recueilli une petite chatte noire. Toute mignonne, elle était pourtant absolument détestable et fut rapidement baptisé « Get The Fuck » par son nouveau maître. Quand Rick déménagea de la rue Querbes – au grand soulagement de Louise qui commençait à élaborer des plans machiavéliques pour se débarrasser de la manufacture de crottins – Get The Fuck fit la connaissance de Tifounet, le gros matou tigré de Renaud. En moins de temps qu’il ne le faut pour crier « get the fuck out of here », la chatte arbora un énorme ventre et quatre chatons virent le jour. Aussitôt sevrés, ceux-ci furent rapidement dispersés chez des connaissances sauf un, le sosie du père, qui fut assigné à Yannik. Avant même que Ti-Pout, c’était son nom, fut recueilli par son nouveau propriétaire, il fit un tour de passe-passe à Get The Fuck et lui laissa, en souvenir, son incestueuse semence. Encore une fois, la chatte noire devint grosse et donna naissance à plusieurs chatons, dont un gris tigré que je décidai d’adopter. Pas très douée pour les noms d’animaux, je le nommai simplement Ti-Minou. Il se fit rapidement plusieurs potes dans l’immeuble et étendit même son cercle d’influence jusqu’à la ruelle. Pas une semaine ne passa sans qu’il ne revienne de ses expéditions nocturnes avec une oreille écorchée, un œil enflé ou encore un lot de puces. Qu’à cela ne tienne, les vétérinaires sont là pour ça! Ti-Minou fut, pendant de belles années, aux petits soins des nombreux chambreurs qui se succédèrent dans mon immense appartement, jusqu’à ce qu’il rentre un soir avec un truc incurable nécessitant l’euthanasie. Heureusement, quelques mois avant l’accident fatal, Ti-Minou avait accepté un rendez-vous romantique avec Luna, la petite chatte noire de Geneviève. Du lot de chatons nouvellement arrivés, je choisi un mâle et une femelle, tous deux tigrés gris et blanc comme leur père, leur grand-père et leur arrière-grand-père. Mali et Maya furent leurs noms respectifs. Moins fous que leurs aïeux – Dieu merci – ils furent instinctivement du type chats de maison et nécessitèrent moins de soins médicaux que leur prédécesseur. À mon départ du pays, mes deux amours furent confiés à Vavavoum qui les combla d’affection. Mali mourut quand même des suites d’une grave infection, mais Maya, quant à elle, survécut. C’est elle qui est étendue à ma droite en ce moment, épiant les pigeons par la fenêtre du salon. Elle me jette de ces regards tendres depuis tout à l’heure. 
Te rappelles-tu, Maya, avoir eu une portée il y a quelques années ? Te rappelles-tu de Shiva, celle qui te ressemblait tant ? Elle habite depuis longtemps en campagne, chez Yannik et Geneviève, et vient de donner naissance à un lot de petites boules de poils tigrés…

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mardi 9 novembre 2004

La première neige

On dirait que chaque début de saison me rappelle des souvenirs d'enfance.
Les quelques flocons qui sont tombés ce matin m'ont ramenée à mes 8 ou 9 ans. À l'époque du pré-nintendo, toutes les occasions étaient bonnes pour aller jouer dehors, mais il en était une qui surpassait toutes les autres en émotions: la première neige! Ces matins-là, tous les enfants de la rue étaient à l'extérieur avant l'heure habituelle du départ pour l'école. Quand nous avions un peu de chance, la déneigeuse n'était pas encore passée et c'était au son des rires et des cris que nous tracions nous-même notre route étroite sur les trottoirs du quartier. Toute la journée, nos regards étaient rivés sur les fenêtres de la classe, nous anticipions le retour... et LA MONTAGNE!
La maison que mes parents avaient achetée était au bout d'un cul-de-sac. Toute la neige de la rue se trouvait donc amoncelée devant chez moi: c'était notre montagne, notre Everest! Aussitôt rentré de l'école, nous sortions nos crazy-carpets et nos pelles de plastique et prenions d'attaque la montagne. Nous creusions des tunnels et aménagions des pentes pour glisser, tout en faisant de notre mieux pour éviter les nombreuses balles de neige qui fusaient de toutes parts. C'était le bonheur total! Nous ne pensions à rien, nous étions heureux... jusqu'à ce que nos mères sortent frileusement sur les balcons, nous ordonnant de rentrer souper.
C'est avec les joues rouges et les bas mouillés que je prenais place devant mon bol de soupe. Et c'est totalement épuisée mais le sourire aux lèvres que j'allais me coucher le soir venu.

Aujourd'hui, plus de vingt ans plus tard, je vois le Mont-Royal par la fenêtre du salon. Évidemment, il ne reste aucune trace des quelques flocons de ce matin, mais c'est décidé: cette année, je m'achète un crazy-carpet!

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